choses qui font battre le cœur

avec la complicité d'aoki akiharu

10'20'', vidéo hd, stéréo, 2017

diffusée dans le cadre de l’exposition collective "on s'écrit, goodbye"

novembre-décembre 2017, espace 102ter, caen.

encore une fois c’est un film fait de fragments, de moments suspendus qui n’ont pas de sens en dehors d’eux mêmes et qui ensemble viennent créer une partition. c’est un joli mot ce mot : partition, qui vient dire en même temps l’état de ce qui se sépare mais qui est aussi le nom de l’ensemble des notes de musiques qui, une fois joué, fera s’élever un concerto. ou une cantate. ou un simple petit air. c’est l’état de choses qui seraient disjointes mais qui font partie d’un même tout. ce sont les perles d’un chapelet, les morceaux de mémoire qui nous font, les choses qui nous émeuvent à en faire battre le cœur.

 

les mots ici s’incarnent dans une conversation écrite à l’écran  – écho aux conversations menées depuis longtemps avec aoki akiharu et qui ont composé le texte tous ceux qui errent ne sont pas perdus, mémoire de fin de cycle à l’école d'arts et média de caen-cherbourg. les conversations sont des moments d’épiphanies, ces instants où les mots que l’on n’avait jamais formulés prennent forme et se modèlent dans les oreilles et le cœur d’un autre. et qu’il nous répond. c’est un acte profond d’humanité : écoute et participation.

 

faire un film c’est en quelque sort la même chose : écoute du monde et participation à lui, que ce soit dans l’acte de filmer, dans celui de monter ou dans celui de projeter. et finalement je me demande si, plus que de donner un sens aux choses, nous ne sommes pas seulement le véhicule de ce sens. nous ne donnons pas sens au moment, simplement nous en témoignons. ou peut-être ne sommes nous pas si séparés des choses. ou peut-être aussi que je me raconte des histoires. qui sait ?

 

« on peut admettre que l’homme a été fait justement, pour être le cœur battant et l’œil éveillé de l’univers vivant. il n’est plus cet être déraciné éternel solitaire qui dévisage l’univers d’un lieu à part. » françois cheng, œil ouvert et cœur battant, 2016.

 

 

 

 

 

 

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du sens que l'on croit donner